dimanche 19 août 2018

Entrepreneurship is a marathon



Extraits "Être capable de trouver ces opportunités prouve un véritable esprit d’entreprise. La prochaine chose que vous pouvez faire en tant qu’entrepreneur est d’investir sur vous-même, dans votre équipe et dans ceux qui croient en vous et en ceux qui croient en vous. Et vous devez avoir un bon produit avec la longévité parce que l'entrepreneuriat est un marathon, pas un sprint. Nous avons un dicton en espagnol qui se traduit par "étapes courtes, vision longue".

lundi 6 août 2018

L’Administration Publique, le Multipartisme et la démocratie en Afrique face aux enjeux du 21e siècle (Deuxième partie)


Communication du Directeur général de l’ENAM, Abdou Karim GUEYE, à la réunion des Directeurs d’ENA tenue à TANGER (Royaume Chérifien)

Cet article a été présenté lors la réunion citée ci-dessus dans les années 90 au Maroc (Tanger), il y a donc près de trente ans. En le relisant, je trouve étonnant la pertinence des conclusions avec la situation politique d’aujourd’hui qui prévaut au Sénégal et dans pays africains. A cause de sa longueur (9 pages), nous publions une première partie cette semaine et le reste du texte la semaine prochaine sur différents blogs.

A vous de découvrir ces nombreuses prémonitions.

J’ai lu récemment la citation suivante : « Les princes, dans leur félicité, me paraissent fort à plaindre d’être privés d’entendre la vérité et forcés d’écouter les flatteurs, non des amis » Erasme.
B/ Les limites de la démocratie politique
La tendance qui s’affirme déjà en Afrique est le risque de l’effervescence électorale. Ses modalités devraient être cernées et intégrées dans toute stratégie politique tendant à asseoir la démocratie politique et économique.

1°/ Un risque : La fascination des stratégies

a) Les pièges des stratégies électorales : Le sous-développement de l’Afrique finit par éroder les illusions d’une sortie de la crise. Aussi, l’Afrique ne doit pas avoir pour seule ambition l’affinement des stratégies électorales. Elle doit, en effet, être consciente des risques et des enjeux ultimes : être parmi les quatre ou cinq grands cœurs du monde futur qui vont émerger. Elle doit, pour y arriver, déjouer les pièges de l’effervescence sociale qui frappe à ses portes.

b) Les pièges de l’effervescence sociale : La révolution industrielle et le processus de démocratisation, en Europe, ont eu lieu, concomitamment, dans un environnement urbanisé qui a désagrégé les liens communautaires. Par contre, en Afrique, le multipartisme qui a engendré une cohorte de micro-partis s’appuie sur les valeurs tenaces de la parenté, du tribalisme et des clans, dans un environnement, en majeur partie, rural. A l’aube de la démocratie en Afrique, et de son corollaire le multipartisme, la fascination des citoyens pour les stratégies électorales qui s’affirment, comporte, à moyen terme, des risques de désenchantement. L’enjeu primordial est ailleurs : une culture qui pousse la majorité des citoyens à s’exprimer. A défaut, les africains découvriront vite « qu’Athènes s’accommodait de l’esclavage » et que le multipartisme comme finalité, peut créer des citoyens en marge de la véritable démocratie. Dès lors, les stratégies électorales doivent comporter des stratégies de renforcement du civisme, lesquelles sont inefficaces, lorsqu’elles ne sont mises en œuvre qu’à la veille des scrutins. A défaut, il ne reste alors comme solution que l’effervescence sociale.

2°/ L’ordre mondial face à la démocratie : Les deux dernières décennies ont eu pour caractéristiques essentielles, dans les pays du Nord, des mutations qui ont entraîné une société internationale entrepreneuriale faite d’espaces de liberté, dans les domaines économique, culturel et social. Dans l’ordre mondial futur, l’Excellence aura ainsi pour base une capacité accrue de la marge de manœuvre des citoyens. Les deux piliers, l’un d’ordre politique et l’autre, d’ordre économique, vont évoluer vers la société de créativité et d’innovation, enjeux dont l’Afrique devrait être consciente.

a) Vers un ordre politique mondial : La sphère de l’excellence, avec la fin de la guerre froide, se déplace vers celle de l’économie et la capacité managerielle d’une Nation. Dès lors, s’affirme le nouveau pilier qui est d’ordre économique.

b) Le pilier d’ordre économique mondial : L’examen des évolutions technologiques, les nouvelles formes de gouvernance permettent d’établir que le référentiel géostratégique mondial, avec la fin de la guerre froide, se déplace vers l’économie et la capacité managerielle d’une nation. Les nouveaux piliers de l’ordre économique mondial s’affirment. Le multipartisme n’est plus une finalité, mais un moyen. La véritable démocratie repose ainsi sur une mutation culturelle qui suppose, comme celle de 1789, l’abolition des certitudes et des privilèges. Celle-ci, ramenée à l’Afrique, est plus complexe, du fait de la mondialisation de l’économie qui veut marginaliser l’Afrique. L’autre versant devient la démocratie économique, l’envers et le revers de la démocratie politique. Il n’y a pas de démocratie politique viable, sans une consolidation de la démocratie économique. Les administrations publiques africaines doivent s’y atteler.

II/ L’autre versant : Le renforcement de la démocratie économique

A/ La démocratie, outil de structuration économique

1°/ Restructuration, créativité et innovation : Le système démocratique doit être étendu à l’économique, pour être le levier de la créativité et de la flexibilité. Il s’agit ainsi d’apprendre aux pays africains l’art de se défendre contre un ordre froid. Les stratégies électorales doivent alors encourager un système où l’on est réélu ou évincé du pouvoir, en fonction des résultats économiques, sans état d’âme et sans esprit « revanchard ».

2°/ Vers une Afrique, un des cœurs du monde : Edem Kodjo nous a déjà rappelé que le monde contemporain aboutit à un 21e siècle où « l’indicateur de puissance est la productivité, les flux financiers et monétaires et l’organisation scientifique et technique. L’Afrique doit « se préparer à jouer un rôle au sein de ces équations planétaires ». Mais, il faudra promouvoir un contexte démocratique apte à favoriser les attitudes culturelles qui permettent de relever les défis, de combler des manques et de gérer les changements, de façon dynamique, car « il n’ya pas de richesse sans créativité, ni de créativité sans richesse ». (cf. Jacques Attali — Lignes d’horizon — Collection Fayard). Mais, faudrait-il encore une gestion macro-sociale efficace.

B/ Vers une gestion macro-sociétale rénovée

L’économiste Thomas Verblen écrivait que « ce qui est essentiel en économie, ce n’est pas le système de prix, mais l’échelle de valeurs de la société où s’enracine l’économie ». Une telle assertion pourrait fort bien être valable pour la gestion publique, au moment om l’environnement international impose de nouvelles attitudes… il faut une gestion publique rénovée.

1°/ La gestion publique rénovée : Le crédo de la rénovation pourrait être la subsidiarité, l’entrepreneuriat, la technologie et les nouvelles formes de gouvernance. Il faudra alors réinventer bien des pratiques de l’administration publique.

a) Un nouveau crédo : La subsidiarité : La doctrine chrétienne, depuis longtemps, nous a légué le principe de la subsidiarité qui veut qu’une institution de rang supérieur ne puisse se substituer à une autre de rang inférieur…. Au niveau de la gestion publique, un tel principe induit des objectifs de gestion tels que l’accroissement de la flexibilité et le passage d’une administration de procédures à une administration de mission. Une telle option, à n’en pas douter, est ainsi une mesure de renforcement de la démocratie et elle doit conduire à privilégier l’action créatrice. L’Administration publique contemporain n’a d’autre choix que devenir entrepreneuriale.

b) Une administration publique entrepreneuriale : Dans un contexte de multipartisme, il est nécessaire de passer de la bureaucratie à une administration publique entrepreneuriale. En conséquence, l’Administration publique doit être à l’abri des contingences politiques et des dysfonctionnements qui en résultent. Mais, seule une culture organisationnelle de performance, qui exclut l’immixtion de la politique dans la définition et l’exécution des politiques publiques (par exemple, en matière de nomination) peut aboutir, à moyen terme, à des résultats viables. N’est-il pas alors temps de reconnaître que le contexte jacobin de nos administrations publiques induit le centralisme tout en paralysant l’émergence de marges de manœuvre au niveau des collectivités locales et des individus ? Construire, dans un tel contexte, un projet social mobilisateur devient alors une gageure. Pourtant, la condition majeure de la croissance et du développement est à ce prix pour convaincre les résistances, l’outil le plus efficient, voire le plus efficace, est la création d’un projet social mobilisateur.

c) Une administration publique, vecteur d’un projet social : Un projet social mobilisateur, en Afrique, qui crée les conditions d’une réaction plus créatrice par rapport aux autres nations, est nécessaire, pour assurer une modification de l’ordre économique… La démocratie rénovée, à l’aube du 21e siècle, suppose que les usagers, les citoyens et les contribuables soient reconnus comme étant les véritables « propriétaires » de la chose publique. En outre, un droit à la performance et la participation au niveau des institutions publiques, doit leur être octroyé. Au total, dans un contexte de multipartisme, la gestion de l’administration publique doit accroître le rôle du citoyen et encourager l’émergence d’une opinion publique, comme contrepoids à l’inefficacité et l’inefficience… Il devient, alors, possible de libérer les élus de la tutelle excessive et de les soumettre à la sanction des électeurs. Mais, dans un tel contexte, l’Administration publique devra assurer les besoins en formation dans les domaines de la stratégie, tout en jouant un rôle de régulation. Mais, à côté de la gestion publique subsiste la gestion marchande et entre les deux doivent exister une synergie et la solidarité.

2°/ Une gestion du secteur marchand rénovée

a) Le développement de la concurrence : La démocratie suppose une certaine égalité d’accès à la vie économique. Or, les monopoles économiques confèrent des avantages injustifiés, au détriment des citoyens. A contrario, la concurrence est le plus sûr moyen de promouvoir les innovations, l’excellence et la méritocratie. Le rôle l’Etat, instance de régulation des intérêts, est alors l’arbitrage et la négociation et non de prendre parti. A cet effet, il doit créer, par une réglementation appropriée, un nouveau droit de la concurrence destiné à mettre fin à certains monopoles, pour accroître l’efficacité et induire la baisse des coûts, prouvant ainsi aux citoyens que la démocratie économique se traduit par un impact sur leur niveau de vie.
Au total, une telle option est possible, tant dans le secteur public qu’au niveau de l’économie marchande, à condition que la société civile ait le droit d’utiliser son imagination créatrice pour produire, vendre et innover.

b) Libéralisation des secteurs monopolistiques : Il est étrange que l’on privilégie, actuellement, la privatisation sans pour autant prôner la libéralisation des secteurs monopolistiques. Une telle approche est tout au plus un moyen de transférer un monopole public vers un monopole privé. Par ailleurs, il est évident, qu’à long terme, la libéralisation des secteurs de l’électricité, du téléphone, etc. se fera, sous l’effet l’évolution technologique (apparition du téléphone cellulaire, etc.), rendant désuète toute stratégie monopolistique. L’Administration publique doit, d’ores et déjà, préparer la démocratie économique et son corollaire, la libéralisation des secteurs monopolistiques, pour apprendre aux africains à se défendre, sur les futurs champs de la concurrence économique entre les nations…

L’auteur : Abdou Karim GUEYE, Inspecteur général d’Etat à la retraite, ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature. Il est le conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal.

Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?
Prochains articles :
_ Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore.
_ L’éthique dans tous ces états.
_ Politiciens et hommes d’Etat. A vous de choisir !
_ Droit de réponse — Obligation de réserve, nouvelle gouvernance et éthique du chaos !
_ D’autres encore.

samedi 2 juin 2018

Série – Le leadership qu’il vous faut Première partie - Ecouter, s’écouter, savoir partir à temps !

La politique aurait dû incarner une certainehauteur de pensée et d'action. Nous invitons au changement, à la transformation politique, à la nouvelle gouvernance

Il n’est pas facile de proposer un modèle de leadership politique efficace en étudiant l’histoire des nations. Ces leaders qui ont marqué l’histoire sont si différents : Hitler, Mussolini, Mahathir, Mandela, Lee Ku YEW, etc. En outre, les termes « leadership ou leaders » peuvent revêtir des sens contradictoires. Par exemple, la doctrine oppose ou confronte différents styles de leadership dictatorial, dictatorial bienveillant, participatif, consultatif, transactionnel, transformationnel, exponentiel, mixtes, etc. Par ailleurs, ces styles peuvent refléter les préférences individuelles ou la culture dominante d’une société. Néanmoins, quelques caractéristiques retiennent notre attention: la capacité de proximité et d’écoute, cesser de se parler à soi-même et de se contempler, de bien s’entourer, savoir quitter et partir à temps, le courage à payer le prix qu’il faut par des sacrifices et la volonté de laisser un grand héritage. 

 Le dilemme de la gouvernance de proximité : s’écouter et se parler à soi-même

Une caractéristique commune aux grands leaders transformationnels est la forte envie de vouloir conduire les gens vers une destination, d’un point A à un autre point B. Ceci comporte aussi bien des avantages que des contraintes. Le leader dont nous parlons doit être capable d’assumer la solitude du pouvoir, de s’imposer des sacrifices au plan personnel, de sa fortune, de ses amitiés, de sa vie familiale, etc. En outre, il doit être capable de promouvoir des valeurs d’exemplarité, oser persuader les gens à intérioriser des sacrifices, les convaincre qu’à terme maintenir le statu quo actuel ne leur est pas profitable et est même dangereux. Il a cet impérieux devoir de déclencher une nouvelle connaissance et prise de conscience. Le courage et la franchise deviennent alors une qualité essentielle. Reste à savoir si les gens qui se lancent en politique le font pour les raisons que nous venons d’évoquer. 

 Il y a aussi cette erreur d’assimilation entre leadership, le titre et le poste : le leader n’est pas le titre, ni le poste. Il y a aussi ceux qui disent aux autres ALLEZ-Y alors que le véritable message du leader transformationnel est : ALLONS-Y, Oui, nous pouvons, etc. C’est, qu’en fait, être détenteur d’un poste ou d’un titre de président de la république, de ministre, PDG ou autres, fussent-ils « prestigieux », ne suffit pas à qualifier quelqu’un de leader transformationnel. C’est vrai : il y a le mythe du leader qui aurait réussi seul par son propre talent ; mais on ne réussit pas seul les très grandes œuvres de transformation. Et cela, nous le disons dans nos cours de coaching : « Un est un tout petit nombre pour atteindre la grandeur ». On y arrive avec une équipe et des talents triés, des visions partagées, l’adhésion à un projet, des institutions fortes, le courage de se séparer des saboteurs et de faire face aux détenteurs de rentes, d’optimiser les ressources, etc. Tant et si bien qu’on a pu dire que la compétence du dirigeant est la moyenne des compétences des gens qui l’entourent. La hantise de la réélection et l’incapacité à construire un cercle rapproché facilitant des alliances stratégiques pour le vrai changement, non pour les sinécures, les transhumants et les débauchages, constituent une dimension du leadership politique non transformationnel. 

Dès lors, le leader transformationnel est confronté aux dilemmes suivants : Qui écouter ? A qui parler ? A soi-même ? A son entourage ? Au peuple et aux électeurs ? Regardez ces gens qui demandent vos voix! Réfléchissez-y deux fois avant de voter : lorsque le dilemme entre MOI, JE, VOUS, LES AUTRES est un sérieux problème pour le candidat, pourquoi prendriez-vous le risque de faire confiance à un tel leadership ? Des messages ciblés qui mobilisent, apportent de la valeur et de la différence, ainsi que la volonté de s’entourer de collaborateurs loyaux, compétents et indépendants qui conseillent sincèrement et sans craintes, sont tout aussi importants. Si vous avez été un grand responsable dans la vie, vous avez surement appris une leçon : une erreur de recrutement se paie cher, peut paralyser tout un changement de sorte que le Professeur Edward HESS de Darden University en arrive à conseiller : « recrutez lentement, licenciez rapidement ». Par de tels choix, le leader développe ses propres capacités d’écoute et d’attention soutenue et peut ainsi éviter des erreurs et des conflits inutiles et coûteux. Pourtant, dans notre contexte, trop d’hommes « politiques » font le contraire. On constate des articles ou des débats politiques télévisés qui sont des bavardages violents et désordonnés et qui finissent par lasser tant il s’agit de « politiciens » qui se parlent à eux-mêmes et entre eux, au lieu de regarder l’écran et de parler à l’audience en face : les citoyens, les contribuables, les créateurs de richesses, les électeurs, etc. Peut-être s’agit-il aussi là de ruses de gens qui n’ont rien de consistant à proposer, d’un gaspillage de ressources et d’énergie, d’un moment où les gens préfèrent surfer sur autre chose, car il n’y a aucune incitation à regarder ou écouter de tels soliloques. 

En arriver, à force de s’écouter ou d’écouter un entourage courtisan, à croire à ses propres « propagandes » et à les intérioriser comme des réalités tangibles que l’on est le seul à sentir ou à voir, est une forme de folie qui un jour peut mener à un surprenant désastre. Le mot est lâché : derrière ; il y a cette option de propagande comme levier de conservation du pouvoir. Mais pourquoi l’opposition passerait-elle l’essentiel de son temps à disserter sur le programme de l’autre pour tomber dans ce piège des querelles manquant à un devoir et une stratégie essentielle qui est de suffisamment expliquer aux électeurs son propre programme alternatif ? La stratégie de propagande utilisée ne vise ni plus ni moins qu’à isoler et détourner l’attention. Pour parler comme Chomsky, elle vise à distraire des vrais enjeux pour empêcher qu’on en discute et à brouiller les pistes . En arriver aussi à exclure toute perspective de contrepouvoirs ou de points de vue différents conduit au même résultat, à l’inverse de ce qui se passait dans la Rome antique avec ces esclaves qui avaient le privilège de glisser aux oreilles de l’empereur ce rappel « Souviens-toi, tu n’es qu’un homme » . Cela rappelle aussi cet adage de notre belle culture parfois négligée : « SA GUEMIGN XASAW NA SA DOMOU NDEYE MO LO KO WAX ». Allez-le leur dire à certains qui oublient que la démocratie, c’est aussi le débat sain, la différence et vous aurez peut-être bien des ennuis, étrangement des insultes. 

Deuxième partie – Savoir quitter et se préparer à partir à temps. 

C’est difficile de partir, pour nous tous, de se séparer des bébés auxquels on a donné naissance, de renoncer aux rêves inachevés de notre propre vie que seuls d’autres héritiers parachèveront, que la fatigue, les obstacles et les contraintes vécues, les saboteurs du changement auront empêché de concrétiser, etc. Les causes ne manquent pas… On a déjà vu des leaders ne partir que le jour même de la grande défaire, sous la pression de leur inévitable fuite, de la rue surexcitée, d’une foule vociférant, de manifestants décidés et de corps ayant jonchant les rues quelques jours avant. Ce n’est pas l’idéal, ni pour ce leader qui fuit ainsi, ni pour les héritiers d’une démocratie brusquement tronquée. Les printemps de révolte n’ont pas toujours tenu les promesses du bien-être, ni d’une nouvelle et meilleure démocratie confinée aux questions électorales et politiques, excluant l’économique, le social, une gouvernance qualitative digne de ce nom. On serait tenté de penser que Socrate a raison : les grands leaders auraient dû être les plus sages d’entre nous. Cependant, quand on regarde l’histoire humaine et singulièrement celle du continent, cela s’avère comme un rêve impossible. Etre un leader transformationnel qui crée d’autres leaders capables de les remplacer, combien en avez-vous connu ? Un enjeu, c’est alors de disposer de leaders capables d’échapper aux lambris dorés du pouvoir, aux pièges des routines, d’anticiper le sens de l’histoire. Ceux-là sont fiers de se faire eux-mêmes, par leur propre effort et génie, et non d’être faits par la politique politicienne. Ces grands leaders transformationnels sont capables de baliser de nouveaux chemins, de se pénétrer des contours du futur, loin du brouhaha de la grande foule, de s’ajuster à temps par une sorte d’intuition « quasi-divine » à l’instar de cette fameuse formule « La prière, c’est quand l’homme parle à Dieu, mais l’intuition, c’est quand Dieu parle aux hommes ». Il est ainsi difficile à ces gens, prisonniers des arcanes du pouvoir, d’échapper aux pièges qui déforment le dirigeant et son entourage face à leurs courtisans et transhumants qui réussissent à les persuader d’une sorte d’invincibilité et d’immortalité. Cet entourage si peu talentueux pour de telles grandes œuvres réussit alors à vous faire oublier que l’histoire regorge de dirigeants chassés du pouvoir par les votes, par les révoltes populaires, les coups d’état, la guerre tribale parfois longue et fratricide, etc. Ne soyez pas étonnés qu’avec de telles mentalités de futurs « WAX WAHET » perdurent à l’horizon. Et là, la sagesse devient un impératif rare parmi ces modèles de politiciens que vous avez toujours connus et élus. Au fond, derrière ces questions, il y a l’enjeu de l’humilité et de la claire compréhension de ses avantages, et plus fondamentalement de la sagesse qui semble n’être pas la chose la mieux partagée du monde. Il y a aussi ces deux fameuses lois de l’héritage et du sacrifice que John Maxwell considèrent comme des traits distinctifs des grands leaders transformationnels. Nous y reviendrons. 

L’auteur : Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, Abdou Karim GUEYE a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Assistant technique international auprès du gouvernement de la République de Djibouti, de 2003 à 2008, il a appuyé ce pays à mettre en place une Inspection générale d’Etat et a également exercé les fonctions de Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées. 

 Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ? 

Prochains articles : 
De la vertu publique et morale en politique. 
Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore. 
L’éthique dans tous ces états. 
 D’autres encore.

lundi 28 mai 2018

Série – Le leadership qu’il vous faut Première partie - Ecouter, s’écouter, savoir partir à temps !




Il n’est pas facile de proposer un modèle de leadership politique efficace en étudiant l’histoire des nations. Ces leaders qui ont marqué l’histoire sont si différents : Hitler, Mussolini, Mahathir, Mandela, Lee Ku YEW, etc. Le terme lui-même peut revêtir des sens contradictoires. La doctrine oppose ou confronte différents styles de leadership dictatorial, dictatorial bienveillant, participatif, consultatif, transactionnel, transformationnel, mixtes, etc. En outre, ces styles peuvent refléter les préférences individuelles ou la culture dominante d’une société. Néanmoins, quelques caractéristiques retiennent notre attention: la capacité de proximité et d’écoute, cesser de se parler à soi-même et de se contempler,  bien s’entourer, savoir quitter et partir à temps, le courage à payer le prix qu’il faut par des sacrifices et la volonté de laisser un grand héritage.

Le dilemme de la gouvernance de proximité : s’écouter et se parler à soi-même

Une caractéristique commune aux grands leaders transformationnels est la forte envie de vouloir conduire les gens vers une destination, d’un point A à un autre point B. Ceci comporte aussi bien des avantages que des contraintes. Le leader dont nous parlons doit être capable d’assumer la solitude du pouvoir, de s’imposer des sacrifices au plan personnel, de sa fortune, de ses amitiés, de sa vie familiale, etc. En outre, il devrait être capable de promouvoir  des valeurs d’exemplarité, oser persuader les gens à intérioriser des sacrifices, les convaincre qu’à terme maintenir le statu quo actuel ne leur est pas profitable et est même dangereux.  Il a cet impérieux devoir de déclencher une nouvelle connaissance et prise de conscience. Le courage devient alors une qualité essentielle. Reste à savoir si les gens qui se lancent en politique le font pour les raisons que nous venons d’évoquer.

Il y a aussi cette erreur d’assimilation entre leadership, le titre et le poste : le leader n’est pas le titre, ni le poste. Il y a aussi ceux qui disent aux autres ALLEZ-Y alors que le véritable message du leader transformationnel : ALLONS-Y, Oui, nous pouvons, etc. C’est qu’en fait, être détenteur d’un poste ou d’un titre de président de la république, de ministre, PDG ou autres, fussent-ils « prestigieux », ne suffit pas à qualifier quelqu’un de leader transformationnel. C’est vrai : il y a le mythe du leader qui aurait réussi seul par son propre talent ; mais on ne réussit pas seul les très grandes œuvres de transformation. On y arrive avec une équipe et des talents triés, des visions partagées, l’adhésion à un projet, des institutions fortes, le courage de se séparer des saboteurs et de faire face aux détenteurs de rentes, d’optimiser les ressources, etc. La hantise de la réélection et l’incapacité à construire un cercle rapproché facilitant des alliances stratégiques pour le vrai changement, non pour les sinécures, les transhumants et les débauchages, constituent une dimension du leadership politique transformationnel. Dès lors, le leader transformationnel est confronté aux dilemmes suivants : Qui écouter ? A qui parler ? A soi-même ? A son entourage ? Au peuple et aux électeurs ?

Regardez ces gens qui demandent vos voix! Réfléchissez-y deux fois avant de voter : lorsque le dilemme entre MOI, JE, VOUS, LES AUTRES est un sérieux problème pour le candidat, pourquoi prendriez-vous le risque de faire confiance à un tel leadership ?

Des messages ciblés qui mobilisent, apportent de la valeur et de  la différence, ainsi que la volonté de s’entourer de collaborateurs loyaux, compétents et indépendants qui conseillent sincèrement et sans craintes, sont tout aussi importants. Si vous avez été un grand responsable dans la vie, vous avez surement appris une leçon : une erreur de recrutement se paie cher, peut paralyser tout un changement de sorte que le Professeur Edward HESS de Darden University en arrive à conseiller : « recrutez lentement, licenciez rapidement ». Par de tels choix, le leader développe ses propres capacités d’écoute et d’attention soutenue et peut ainsi éviter des erreurs et des conflits inutiles et coûteux.  Pourtant, dans  notre contexte, trop d’hommes « politiques » font le contraire. On constate des articles ou des débats politiques télévisés qui sont des bavardages violents et désordonnés et qui finissent par lasser tant il s’agit de « politiciens » qui se parlent à eux-mêmes et entre eux, au lieu de regarder l’écran et de parler à l’audience en face : les citoyens, les contribuables, les créateurs de richesses, les électeurs, etc. Peut-être s’agit-il aussi là de ruses de gens qui n’ont rien de consistant à proposer, d’un gaspillage de ressources et d’énergie, d’un moment où les gens préfèrent surfer sur autre chose, car il n’y a aucune incitation à regarder ou écouter de tels  soliloques. En arriver, à force de s’écouter ou d’écouter un entourage courtisan, à croire à ses propres « propagandes » et à les intérioriser comme des réalités tangibles que l’on est le seul à sentir ou à voir, est une forme de folie qui un jour peut mener à un surprenant désastre. Le mot est lâché : derrière ; il y a cette option de propagande comme levier de conservation du pouvoir. Mais pourquoi l’opposition passerait-elle l’essentiel de son  temps à disserter sur le programme de l’autre pour tomber dans ce piège des querelles manquant à un devoir et une stratégie essentielle qui est de suffisamment  expliquer aux électeurs leur propre programme alternatif ? La stratégie de propagande utilisée ne vise ni plus ni moins à isoler et détourner l’attention. Pour parler comme Chomsky, elle vise à distraire des vrais enjeux pour empêcher qu’on en discute et à brouiller les pistes[1].
En arriver aussi à exclure toute perspective de contrepouvoirs ou de points de vue différents conduit au même résultat, à l’inverse de ce qui se passait dans la Rome antique avec ces esclaves qui avaient le privilège de glisser aux oreilles de l’empereur ce rappel « Souviens-toi, tu n’es qu’un homme » [2].  Cela rappelle aussi cet adage de notre belle culture parfois négligée : « SA GUEMIGN XASAW NA SA DOMOU NDEYE MO LO KO WAX ». Allez-le leur dire à certains qui oublient que la démocratie, c’est aussi le débat sain, la différence et vous aurez peut-être bien des ennuis, étrangement des insultes.

Deuxième partie – Savoir quitter et se préparer à partir à temps.

Savoir quitter et se préparer à partir à temps

C’est difficile de partir, pour nous tous, de se séparer des bébés auxquels on a donné naissance, de renoncer aux rêves inachevés de notre propre vie que seuls d’autres héritiers parachèveront, que la fatigue les obstacles et les contraintes vécues, les saboteurs du changement auront empêché  de concrétiser, etc. Les causes ne manquent pas…

On a déjà vu des leaders ne partir que le jour même de la grande défaire, sous la pression de leur inévitable fuite, de la rue surexcitée, d’une foule vociférant, de manifestants décidés et de corps ayant jonchant les rues quelques jours avant. Ce n’est pas l’idéal, ni pour ce leader qui fuit ainsi, ni pour les héritiers d’une démocratie brusquement tronquée. Les printemps de révolte n’ont pas toujours tenu les promesses du  bien-être, ni d’une nouvelle et meilleure démocratie confinée aux questions électorales et politiques, excluant l’économique, le social, une gouvernance qualitative digne de ce nom. On serait tenté de penser que Socrate a raison : les grands leaders auraient dû être les plus sages d’entre nous. Cependant, quand on regarde l’histoire humaine et singulièrement celle du continent, cela s’avère comme un rêve impossible. Etre un leader transformationnel qui crée d’autres leaders capables de les remplacer, combien en avez-vous connu ? Un enjeu, c’est alors de disposer de leaders capables d’échapper aux lambris dorés du pouvoir, aux pièges des routines, d’anticiper le sens de l’histoire. Ceux-là sont fiers de se faire eux-mêmes, par leur propre effort et génie, et non d’être faits par la politique politicienne. Ces grands leaders transformationnels sont capables de baliser de nouveaux chemins, de se pénétrer des contours du futur, loin du brouhaha de la grande foule, de s’ajuster à temps par une sorte d’intuition « quasi-divine » à l’instar de cette fameuse formule « La prière, c’est quand l’homme parle à Dieu, mais l’intuition, c’est quand Dieu parle aux hommes ». Il est ainsi difficile à ces gens, prisonniers des arcanes du pouvoir, d’échapper aux pièges qui déforment le dirigeant et son entourage face à leurs courtisans et transhumants qui réussissent à les persuader d’une sorte d’invincibilité et d’immortalité. Cet entourage si peu talentueux pour de telles grandes œuvres réussit alors à vous faire oublier que l’histoire regorge de dirigeants chassés du pouvoir par les votes, par les révoltes populaires, les coups d’état, la guerre tribale parfois longue et fratricide, etc. Ne soyez pas étonnés qu’avec de telles mentalités de futurs « WAX WAHET » perdurent à l’horizon. Et là, la sagesse devient un impératif rare  parmi ces modèles de politiciens que vous avez toujours connus et élus.

Au fond, derrière ces questions, il y a l’enjeu de l’humilité et de la claire compréhension de ses avantages, et plus fondamentalement de la sagesse qui semble n’être pas la chose la mieux partagée du monde. Il y a aussi ces deux fameuses lois de l’héritage et du sacrifice que John Maxwell considèrent comme des traits distinctifs des grands leaders transformationnels. Nous y reviendrons.

L’auteur :

 Conseiller en Gouvernance publique du Président  Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, Abdou Karim GUEYE a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale  d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Assistant technique international auprès du gouvernement de la République de Djibouti, de 2003 à 2008, il a appuyé ce pays à mettre en place une Inspection générale d’Etat et a également exercé les fonctions de  Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées.   

 

Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?

 

Prochains articles :

_          De la vertu publique et morale en politique.
_          Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore.
_          L’éthique dans tous ces états.
_          D’autres encore.





[1] Cf. Necessary Illusions. Noam Chomsky
[2] 8 leadership lessons from history : world economic forum

dimanche 20 mai 2018

Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?





La politique aurait dû incarner une certaine
hauteur de pensée ET d'action. Nous invitons au changement, à la transformation politique, à la nouvelle gouvernance

Le terme politique aurait dû incarner une certaine hauteur de pensée et d’action. Mais le mot semble avoir perdu de sa noblesse. Les réalités de la « politique politicienne » tendent décourager la participation de plusieurs citoyens aux votes, notamment des jeunes. Pourtant, ils ont leur mot à dire et, à eux seuls, peuvent perturber les règles du jeu les plus savamment élaborées et pousser le pays à s’engager dans les transformations profondes qui sont requises. Beaucoup de gens critiquent cette politique politicienne » la considérant avec méfiance, désillusionnés par ses pratiques, par ces gens au goût immodéré du pouvoir, du verbiage conflictuel et des confrontations houleuses. Ce rejet a conduit au découragement et à l’impuissance de certains devant des gens qui pourtant sont assujettis à l’obligation de leur rendre compte. Et souvent, on entend les alibis contre la politique, en général et l’engagement politique, en particulier :
_ « Je hais la politique, cela ne sert à rien. Mais se contenter de penser ainsi n’est pas un bon alibi ;
_ C’est trop violent, il n’y a que des gens qui passent leur temps insulter et à vociférer ;
_ de toute façon, c’est une affaire de truands, cela n’impactera pas ma vie, etc. »

Il y aurait donc des tas de raisons de s’en méfier, de prendre de la distance en la considérant comme quelque chose de méprisable, comme l’affaire de quelques parasites immatures qui ne peuvent pas faire leur vie ailleurs, qui passent leur temps à intimider, à conclure des deals malsains ou peu clairs. Si l’on pense ainsi, pour peu que l’on ne fasse pas un effort, apparaît ou se développe une aversion confortée par l’angoisse de faire partie d’un monde de transhumants, de débauchages, de laudateurs, de courtisans, des promesses réitérées non tenues ou reniées. On peut alors comprendre qu’il soit facile de conclure que tout ceci n’est pas honorable, que je ne suis pas de ces gens-là.

Pourtant, ils vous dirigent, confortent ou déçoivent vos espoirs, façonnent votre vie par leurs décisions, leurs comportements, leurs actions, leurs réalisations, réussites, échecs, promesses non tenues, etc. Se taire, rester immobile et critiquez la politique comme quelque chose d’infréquentable est une manière erronée de penser, de se comporter... Car, réfléchissez un peu : la politique, c’est par exemple l’impôt que vous payez et qui rentre dans les coffres du gouvernement ainsi que la manière dont l’argent qui en résulte est utilisé; c’est votre endettement, votre emploi, sous-emploi ou chômage, votre pression fiscale, les bonnes ou mauvaises décisions ou réalisations, l’éthique, la transparence ou à défaut la corruption gouvernementale, votre capacité à agir et à entreprendre ainsi que la rapidité avec laquelle vous serez capables de développer vos affaires, c’est aussi les inégalités, l’absence d’opportunités ou ce désespoir de constater malheureusement que rien ne bouge, que tout est lent, que votre argent est mis dans les éléphants blancs et dans la démesure, la courtisanerie, qu’il n’ y aurait plus d’argent ou que cet argent est invisible, etc.

La politique, c’est vous, nous tous, votre refus de faire, de laisser des gens continuer à promettre, spolier, débaucher, applaudir, etc. Si vous n’aimez pas la manière elle se fait, alors, changez-la. Demeurer attentiste n’est sans doute pas la bonne solution. Engagez-vous, apprenez de la réalité, discutez avec le maximum de gens pour tester leurs opinions et conseils, fondez votre décisions sur la raison, la rationalité et non sur les émotions ou l’admiration béate de quelques faux génies. Posez-vous des questions sur le futur, votre futur, celui de votre pays, de votre quartier, de votre ville. A quoi ressemblent-t-ils aujourd’hui ? A quoi ressemblaient-ils hier ? Ont-ils vraiment changé ? Votre porte-monnaie a-t-il prospéré, votre entourage, vos droits civils et politiques, votre liberté de penser ? Faites votre liste. Evaluez. Car résister, c’est exercer votre droit d’évaluation; c’est dire non lorsqu’il le faut, avec la courtoise qui sied aux gens polis et élégants que les politiciens traditionnels n’incarnent pas toujours. Si vous en avez marre de certains, de la manière dont la politique se fait, ne soyez pas découragés, ne vous avouez pas vaincus. Alors prenez vos responsabilités, ayez le courage de les changer. Dites-vous dans ce cas qu’il faut changer la politique et ce genre de politiciens, encourager une autre manière de faire de la politique. Dites-leur alors, je prends mes responsabilités, je ne suis plus un spectateur passif et manipulé.
Aujourd’hui, il est vital de promouvoir la participation politique, au sens noble du terme. C’est vrai, dans plusieurs pays, l’adhésion dans les partis politiques et la participation aux votes tendent à décliner; on ne fait plus confiance à certaines élites « politiciennes ». Mais si vous pensez que vous êtes jeunes, que la politique n’a pas d’importance pour vous, c’est là une grande erreur. Pensez comme Margaret Thatcher : « Je suis dans la politique à cause de ce conflit entre le bien et le mal. Je crois qu’à la fin, le bien l’emportera sur le mal. » . Rappelez-vous Marley: « Get Up, Stand Up, Stand Up For Your Rights ». Alors, récompensez ou sanctionnez selon les résultats de votre évaluation. Posez de bonnes questions pour ne pas attendre le jour même des élections pour se demander pour qui vais-je voter. Pourquoi?

Mais en fait, il faut changer en pensant un peu à cette formule : « Rien ne changera pour vous et votre pays, si vous ne changez pas vous-mêmes, si vous ne changez pas les choses, les gens, les spécialistes des promesses réitérées qui ne voient pas le jour ; s’ils se dédisent constamment, alors, changez-les ! Faites comme Gandhi a dit : « Soyez le changement que vous voulez voir exister ».

Ecrivain-poète et essayiste, Abdou Karim GUEYE est un Inspecteur général d’Etat à la retraite qui a exercé une telle fonction pendant près de trente ans. Il faut aussi Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal et Assistant technique international à Djibouti pendant cinq pour aider ce pays à créer et développer une Inspection générale d’Etat. Il a pendant 7 ans été le Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées dont le siège est à Djibouti et dont il conserve le titre honorifique de Commissaire à la Stratégie et à la formation. Il est l’auteur de plusieurs articles en management, gouvernance, leadership, réformes et restructurations des Etats et des organisations, etc. Vous pouvez trouver des articles et ouvrages de GUEYE sur les matières précitées sur de nombreux sites web, mais plus particulièrement sur http://www.softhinking.net et sur http://africamonitors.com/ Il est membre du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail et Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE.

Lire aussi nos articles sur le même thème sur notre blog politique PEGASE : Le leadership qu’il vous faut. Ecouter, s’écouter, savoir partir à temps !


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