dimanche 19 août 2018

Entrepreneurship is a marathon



Extraits "Être capable de trouver ces opportunités prouve un véritable esprit d’entreprise. La prochaine chose que vous pouvez faire en tant qu’entrepreneur est d’investir sur vous-même, dans votre équipe et dans ceux qui croient en vous et en ceux qui croient en vous. Et vous devez avoir un bon produit avec la longévité parce que l'entrepreneuriat est un marathon, pas un sprint. Nous avons un dicton en espagnol qui se traduit par "étapes courtes, vision longue".

lundi 6 août 2018

L’Administration Publique, le Multipartisme et la démocratie en Afrique face aux enjeux du 21e siècle (Deuxième partie)


Communication du Directeur général de l’ENAM, Abdou Karim GUEYE, à la réunion des Directeurs d’ENA tenue à TANGER (Royaume Chérifien)

Cet article a été présenté lors la réunion citée ci-dessus dans les années 90 au Maroc (Tanger), il y a donc près de trente ans. En le relisant, je trouve étonnant la pertinence des conclusions avec la situation politique d’aujourd’hui qui prévaut au Sénégal et dans pays africains. A cause de sa longueur (9 pages), nous publions une première partie cette semaine et le reste du texte la semaine prochaine sur différents blogs.

A vous de découvrir ces nombreuses prémonitions.

J’ai lu récemment la citation suivante : « Les princes, dans leur félicité, me paraissent fort à plaindre d’être privés d’entendre la vérité et forcés d’écouter les flatteurs, non des amis » Erasme.
B/ Les limites de la démocratie politique
La tendance qui s’affirme déjà en Afrique est le risque de l’effervescence électorale. Ses modalités devraient être cernées et intégrées dans toute stratégie politique tendant à asseoir la démocratie politique et économique.

1°/ Un risque : La fascination des stratégies

a) Les pièges des stratégies électorales : Le sous-développement de l’Afrique finit par éroder les illusions d’une sortie de la crise. Aussi, l’Afrique ne doit pas avoir pour seule ambition l’affinement des stratégies électorales. Elle doit, en effet, être consciente des risques et des enjeux ultimes : être parmi les quatre ou cinq grands cœurs du monde futur qui vont émerger. Elle doit, pour y arriver, déjouer les pièges de l’effervescence sociale qui frappe à ses portes.

b) Les pièges de l’effervescence sociale : La révolution industrielle et le processus de démocratisation, en Europe, ont eu lieu, concomitamment, dans un environnement urbanisé qui a désagrégé les liens communautaires. Par contre, en Afrique, le multipartisme qui a engendré une cohorte de micro-partis s’appuie sur les valeurs tenaces de la parenté, du tribalisme et des clans, dans un environnement, en majeur partie, rural. A l’aube de la démocratie en Afrique, et de son corollaire le multipartisme, la fascination des citoyens pour les stratégies électorales qui s’affirment, comporte, à moyen terme, des risques de désenchantement. L’enjeu primordial est ailleurs : une culture qui pousse la majorité des citoyens à s’exprimer. A défaut, les africains découvriront vite « qu’Athènes s’accommodait de l’esclavage » et que le multipartisme comme finalité, peut créer des citoyens en marge de la véritable démocratie. Dès lors, les stratégies électorales doivent comporter des stratégies de renforcement du civisme, lesquelles sont inefficaces, lorsqu’elles ne sont mises en œuvre qu’à la veille des scrutins. A défaut, il ne reste alors comme solution que l’effervescence sociale.

2°/ L’ordre mondial face à la démocratie : Les deux dernières décennies ont eu pour caractéristiques essentielles, dans les pays du Nord, des mutations qui ont entraîné une société internationale entrepreneuriale faite d’espaces de liberté, dans les domaines économique, culturel et social. Dans l’ordre mondial futur, l’Excellence aura ainsi pour base une capacité accrue de la marge de manœuvre des citoyens. Les deux piliers, l’un d’ordre politique et l’autre, d’ordre économique, vont évoluer vers la société de créativité et d’innovation, enjeux dont l’Afrique devrait être consciente.

a) Vers un ordre politique mondial : La sphère de l’excellence, avec la fin de la guerre froide, se déplace vers celle de l’économie et la capacité managerielle d’une Nation. Dès lors, s’affirme le nouveau pilier qui est d’ordre économique.

b) Le pilier d’ordre économique mondial : L’examen des évolutions technologiques, les nouvelles formes de gouvernance permettent d’établir que le référentiel géostratégique mondial, avec la fin de la guerre froide, se déplace vers l’économie et la capacité managerielle d’une nation. Les nouveaux piliers de l’ordre économique mondial s’affirment. Le multipartisme n’est plus une finalité, mais un moyen. La véritable démocratie repose ainsi sur une mutation culturelle qui suppose, comme celle de 1789, l’abolition des certitudes et des privilèges. Celle-ci, ramenée à l’Afrique, est plus complexe, du fait de la mondialisation de l’économie qui veut marginaliser l’Afrique. L’autre versant devient la démocratie économique, l’envers et le revers de la démocratie politique. Il n’y a pas de démocratie politique viable, sans une consolidation de la démocratie économique. Les administrations publiques africaines doivent s’y atteler.

II/ L’autre versant : Le renforcement de la démocratie économique

A/ La démocratie, outil de structuration économique

1°/ Restructuration, créativité et innovation : Le système démocratique doit être étendu à l’économique, pour être le levier de la créativité et de la flexibilité. Il s’agit ainsi d’apprendre aux pays africains l’art de se défendre contre un ordre froid. Les stratégies électorales doivent alors encourager un système où l’on est réélu ou évincé du pouvoir, en fonction des résultats économiques, sans état d’âme et sans esprit « revanchard ».

2°/ Vers une Afrique, un des cœurs du monde : Edem Kodjo nous a déjà rappelé que le monde contemporain aboutit à un 21e siècle où « l’indicateur de puissance est la productivité, les flux financiers et monétaires et l’organisation scientifique et technique. L’Afrique doit « se préparer à jouer un rôle au sein de ces équations planétaires ». Mais, il faudra promouvoir un contexte démocratique apte à favoriser les attitudes culturelles qui permettent de relever les défis, de combler des manques et de gérer les changements, de façon dynamique, car « il n’ya pas de richesse sans créativité, ni de créativité sans richesse ». (cf. Jacques Attali — Lignes d’horizon — Collection Fayard). Mais, faudrait-il encore une gestion macro-sociale efficace.

B/ Vers une gestion macro-sociétale rénovée

L’économiste Thomas Verblen écrivait que « ce qui est essentiel en économie, ce n’est pas le système de prix, mais l’échelle de valeurs de la société où s’enracine l’économie ». Une telle assertion pourrait fort bien être valable pour la gestion publique, au moment om l’environnement international impose de nouvelles attitudes… il faut une gestion publique rénovée.

1°/ La gestion publique rénovée : Le crédo de la rénovation pourrait être la subsidiarité, l’entrepreneuriat, la technologie et les nouvelles formes de gouvernance. Il faudra alors réinventer bien des pratiques de l’administration publique.

a) Un nouveau crédo : La subsidiarité : La doctrine chrétienne, depuis longtemps, nous a légué le principe de la subsidiarité qui veut qu’une institution de rang supérieur ne puisse se substituer à une autre de rang inférieur…. Au niveau de la gestion publique, un tel principe induit des objectifs de gestion tels que l’accroissement de la flexibilité et le passage d’une administration de procédures à une administration de mission. Une telle option, à n’en pas douter, est ainsi une mesure de renforcement de la démocratie et elle doit conduire à privilégier l’action créatrice. L’Administration publique contemporain n’a d’autre choix que devenir entrepreneuriale.

b) Une administration publique entrepreneuriale : Dans un contexte de multipartisme, il est nécessaire de passer de la bureaucratie à une administration publique entrepreneuriale. En conséquence, l’Administration publique doit être à l’abri des contingences politiques et des dysfonctionnements qui en résultent. Mais, seule une culture organisationnelle de performance, qui exclut l’immixtion de la politique dans la définition et l’exécution des politiques publiques (par exemple, en matière de nomination) peut aboutir, à moyen terme, à des résultats viables. N’est-il pas alors temps de reconnaître que le contexte jacobin de nos administrations publiques induit le centralisme tout en paralysant l’émergence de marges de manœuvre au niveau des collectivités locales et des individus ? Construire, dans un tel contexte, un projet social mobilisateur devient alors une gageure. Pourtant, la condition majeure de la croissance et du développement est à ce prix pour convaincre les résistances, l’outil le plus efficient, voire le plus efficace, est la création d’un projet social mobilisateur.

c) Une administration publique, vecteur d’un projet social : Un projet social mobilisateur, en Afrique, qui crée les conditions d’une réaction plus créatrice par rapport aux autres nations, est nécessaire, pour assurer une modification de l’ordre économique… La démocratie rénovée, à l’aube du 21e siècle, suppose que les usagers, les citoyens et les contribuables soient reconnus comme étant les véritables « propriétaires » de la chose publique. En outre, un droit à la performance et la participation au niveau des institutions publiques, doit leur être octroyé. Au total, dans un contexte de multipartisme, la gestion de l’administration publique doit accroître le rôle du citoyen et encourager l’émergence d’une opinion publique, comme contrepoids à l’inefficacité et l’inefficience… Il devient, alors, possible de libérer les élus de la tutelle excessive et de les soumettre à la sanction des électeurs. Mais, dans un tel contexte, l’Administration publique devra assurer les besoins en formation dans les domaines de la stratégie, tout en jouant un rôle de régulation. Mais, à côté de la gestion publique subsiste la gestion marchande et entre les deux doivent exister une synergie et la solidarité.

2°/ Une gestion du secteur marchand rénovée

a) Le développement de la concurrence : La démocratie suppose une certaine égalité d’accès à la vie économique. Or, les monopoles économiques confèrent des avantages injustifiés, au détriment des citoyens. A contrario, la concurrence est le plus sûr moyen de promouvoir les innovations, l’excellence et la méritocratie. Le rôle l’Etat, instance de régulation des intérêts, est alors l’arbitrage et la négociation et non de prendre parti. A cet effet, il doit créer, par une réglementation appropriée, un nouveau droit de la concurrence destiné à mettre fin à certains monopoles, pour accroître l’efficacité et induire la baisse des coûts, prouvant ainsi aux citoyens que la démocratie économique se traduit par un impact sur leur niveau de vie.
Au total, une telle option est possible, tant dans le secteur public qu’au niveau de l’économie marchande, à condition que la société civile ait le droit d’utiliser son imagination créatrice pour produire, vendre et innover.

b) Libéralisation des secteurs monopolistiques : Il est étrange que l’on privilégie, actuellement, la privatisation sans pour autant prôner la libéralisation des secteurs monopolistiques. Une telle approche est tout au plus un moyen de transférer un monopole public vers un monopole privé. Par ailleurs, il est évident, qu’à long terme, la libéralisation des secteurs de l’électricité, du téléphone, etc. se fera, sous l’effet l’évolution technologique (apparition du téléphone cellulaire, etc.), rendant désuète toute stratégie monopolistique. L’Administration publique doit, d’ores et déjà, préparer la démocratie économique et son corollaire, la libéralisation des secteurs monopolistiques, pour apprendre aux africains à se défendre, sur les futurs champs de la concurrence économique entre les nations…

L’auteur : Abdou Karim GUEYE, Inspecteur général d’Etat à la retraite, ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature. Il est le conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal.

Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?
Prochains articles :
_ Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore.
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