jeudi 29 novembre 2018

LES 5 NIVEAUX DE LEADERSHIP


Inspiration - Les 5 niveaux de leadership - john Maxwell

En ma qualité de Coach certifié de John Maxwell Team, c’est toujours un plaisir de retourner aux enseignements du mentor.  Avez-vous vraiment le leader qu’il vous faut ? Réfléchissez un moment sur ce peut être ce grand leader et les étapes qu’il a franchir pour le devenir :

1.        POSITION : il a occupé ou occupe une position. En fait, le leadership n'est pas la position. Probablement beaucoup d’entre vous l’ont acquise à la suite de nominations, de recrutements internes ou externes ou par d’autres procédés. En d’autres termes, ce n’est pas parce que vous détenez une position que vous êtes un grand leader. D’ailleurs, tout est possible à la suite de la détention d’une position: un leadership dictatorial pur et dur, dictatorial mais bienveillant, consultatif, participatif, transactionnel, etc. En outre, souvent, on assimile de façon abusive les statuts d’entrepreneur, de manager, de leader, technicien ou autres. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de personnes qui cumulent ces trois talents. Peut-être. Personnellement, je crois que cela ne court pas les rues, comme on dit.


Si vous êtes à ce premier stade, le bon sens vous commande l’humilité de découvrir, d’apprendre et de se dire « Je ne sais pas ce que je sais ne pas », comme dit John. A ce stage, il n’est pas évident que vous soyez capable d’influencer les autres. John nous rappelle LA LOI DE L’INFLUENCE: «Le leadership, c’est de l’influence : rien de plus, rien de moins ». En le paraphrasant, retenons que tout seul au somment, il n’est pas évident que vous y parveniez tout seul. Imaginons un moment quand  votre organisation ou vous-mêmes étaient  dans une phase de naissance, de pionnier ! En se développant pour entrer dans une phase de croissance dynamique avec ses complexités, vous découvrez que vous avez pu être un bon manager, un bon technicien, mais cela ne suffit pas pour vous donner la qualité de leader transformationnel, par exemple, pour réussir le changement, faire le grand saut. Il vous faut franchir d’autres étapes de sorte que Maxwell nous rappelle la LOI DU PROCESSSUS : le leadership c’est un PROCESSUS.
Franchirez-vous cette réflexion :

-          Maintenant je sais ce que je ne sais pas
-          Et par la suite : maintenant que je sais, j’agis, je me développe…

 2. PERMISSION: C’est vrai que le détenteur de position peut penser que ce statut lui donne la légitimité de s’imposer, qu’il est le génie qui peut tout faite, tout réussir. Mais le leadership inclut des aspects tenant aux relations humaines, à la capacité à toucher le cœur des gens, à créer de l’énergie chez les gens, à montrer de l’estime à leur égard, etc. Voilà entre autres quelques leviers pour déclencher cette « permission ». Vous avez besoin de toucher les cœurs des gens avant de leur demander un coup de main. Mais vous avez besoin de la permission des gens, qu’ils veulent que vous soyez leur leader, qu’ils en arrivent à vouloir vous suivre. Ce n’est pas spontané. Comment ? Quand ? Il y a d’autres preuves à apporter. L’autre étape vous aiderait grandement.


3. PRODUCTEUR – Votre credo : AJOUTER. Vous devez alors être un producteur de résultats, car le leadership est hautement visuel. Il y a beaucoup de gens qui ne croient qu’à ce qu’ils voient. Alors être ce grand leader, c’est donner l’exemple, c’est manager par l’exemple, apporter la preuve de ses résultats. Les gens voient que vous êtes en train de réussir et de créer une nouvelle dynamique. Ils se reproduisent en vous ! Ils vous suivent parce que vous donnez l’exemple. Cette phase est complexe : voir que les choses se réalisent, c’est aussi donner aux gens quelque chose qui impacte leurs vie, leurs intérêts, les « SHORT WINS ». C’est donc bien doser les extrants de la planification dans le temps. Pour progresser vers cet état de producteur, vous devez être un leader qui créé d’autres leaders capables de vous remplacer. Etes-vous modestes à ce point ? D’autres diront idéalistes ! Ce n’est pas facile. On tient souvent à garder entre ses bras le bébé qu’on a créé. Vous devez donc vous entourer des meilleures personnes et talents possibles.

4.         DEVELOPPEMENT : il vous faut  réussir le pari de développer les personnes, de  MULTIPLIER / DEMULTIPLIER. Vous devez alors accorder une importance accrue aux recrutements et à la sélection des hommes et des talents. Vous avez compris que les gens qui vous entourent déterminent votre potentiel, votre compétence et vos résultats. Tout seul vous n’y arriverez pas ou en tout cas pas pleinement. Votre compétence est égale à la moyenne des compétences qui vous entourent. Vous voulez savoir si c’est un grand leader : regardez son entourage ! Un grand problème à ce niveau, c’est la délégation, la LOI DE LA DELEGATION, comme dit John. Vous découvrirez qu’il vous faut à l’évidence vous entourer de gens de haut niveau. Evidemment, un défi, c’est d’avoir la capacité de les payer et les conserver. C’est d’en avoir la volonté aussi, car on peut avoir d’autres objectifs qui n’ont rien à voir avec le talent. Vous disposez alors des bonnes personnes qu’il faut à la place qu’il faut, dans le bus comme dit Jim Collins.

5. PINACLE – Vous gagnez en RESPECT - RECONNAISSANCE. Vous êtes au sommet. Vous avez gagné le respect car le respect ça se gagne. C’est comme la crédibilité. On vous fait confiance. On sait que vous êtes capable. LA LOI DU TERRAIN FERME ! Vous êtes le genre de leader qui reste dans la tête et dans les souvenirs des gens longtemps après votre départ. Vous avez accompli de grandes choses dans la vie professionnelle, pas pour vous seulement, pour les autres aussi. Vous avez prouvé que vous laissez un héritage durable. Peut-être que vous êtes encore là parce que vous tenez à aider, à contribuer. Vous êtes partisan de la LOI  DE L’HERITAGE. Les preuves sont là depuis : c’est incontestable. Il y a toute une histoire et des faits qui le prouvent. Vous êtes au pinacle.

 
 Groupe Monitoring Africa et MGRH
Président Abdou Karim GUEYE
Vos accomplissements dépendent beaucoup de l’investissement que vous faites dans développement personnel. Au niveau des organisations et de notre vie professionnelle et familiale,  de nombreuses études démontrent que les grands changements s’accompagnent de formations, de mentoring et de coachings, etc. A John Maxwell Team, nous coachons les gens en ce sens. Nous sommes des professionnels certifiés au niveau international avec les meilleurs de ce monde… Nous vous aidons à clarifier les choses, à voir clair en nous-mêmes, à découvrir et à assumer votre potentiel, à surmonter vos blocages pour être ce que profondément vous voulez et vous pouvez être,  pas forcément à être ce que les gens veulent que vous soyez.



dimanche 11 novembre 2018

Au cœur du programme de l’Alliance pour la Cito

Lors du congrès du 30 octobre 2018, le discours-programme prononcé par le Président Abdoul MBAYE prouve que le parti de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) et son président accordent une importance capitale aux valeurs : valeurs de solidarité, d’intégrité, d’éthique, de discipline et de considération aux Sénégalais. Ce n’est pas pour rien que le parti et son président les considèrent comme étant d’une importance stratégique car aujourd’hui les organisations publiques ou privées, dans le sillage du nouveau management public, mettent en place des chartes de valeurs, des chartes d’éthiques, d’intégrité et de transparence affichées dans les locaux de travail, largement diffusées pour permettre leur appropriation, ces documents étant parfois contresignés par les employés, les nouvelles recrues, etc. On le sait maintenant : c’est au sommet de donner de la voix, « Tone at The Top », comme on dit. En revisitant ce discours-programme, on est frappé par la foi qui se dégage de son contenu: foi en l’amour comme socle de solidarité, foi aux Sénégalais et à une action politique et publique vertueuse et éthique.

1. Des valeurs de solidarité, d’amour de soi et des autres

Un des grands problèmes du leadership, transformationnel en tout cas, c’est l’existence de leaders sincères, éthiques et justes, capables de coacher par compassion, de faire la différence entre s’aimer soi-même et aimer les autres : le peuple, le Sénégalais moyen, voire le Sénégalais tout court. Et l’on continue de rêver encore de ce leader-coach qui nous dira « allons-y », ensemble, vous les artisans, les travailleurs, les gens du cuir, de la confection, des groupements, les élites talentueuses, les artistes, etc., de ce leader qui préfère NOUS à MOI, à JE, à la famille et clans de transhumants, courtisans, de lobbies, etc. C’est parce que l’ACT y croit que son président incontestablement remettra en cause ces vieux paradigmes pour opérer les ruptures nécessaires avec une logique du développement encore ancrée fortement dans certaines mentalités : un développement par le haut, Top Down, comme on dit aujourd’hui, avec des institutions centralisées, lourdes, redondantes, des duplications, coûteuses, etc.

En fait, les valeurs sont le socle de toute nouvelle gouvernance, de toute réforme, de toute transformation durable contre les résistances des lobbies et de ceux qui n’ont pas intérêt au changement pour des réformes promises et jamais concrétisées. Aussi, le Président Abdoul Mbaye inscrit-il dans la trajectoire du parti et dans le programme de l’ACT le modèle des 4A, 4 amours à cultiver et à entretenir pour aimer le sénégal et les sénégalais :

  • - « L’amour de la patrie, qui nous fait placer nos intérêts au-dessus de tout autre intérêt.
  • - L’amour des lois, qui nous les fait respecter, qu’elles nous soient favorables ou pas, pourvu qu’elles soient justes et égales pour tous.
  • - L’amour du travail, qui nous mène tous à l’excellence et à la prospérité.
  • - L’amour de ses semblables, qui nous fait détester ce qui les avilit et aimer tout ce qui les grandit. Les antivaleurs avilissent, les valeurs grandissent ».

Dès lors le programme de l’ACT invite à la citoyenneté, au travail, au patriotisme civique et économique, à oser le Sénégal d’abord, à réinventer une pensée endogène mais ouverte qui remet en cause la démarche traditionnelle de management des affaires publiques et de gestion économique. Il invite à des valeurs d’adhésion pour reconstruire un cycle endogène de transformation structurelle de l’économie fondée sur une mobilisation d’innovateurs et de créateurs de richesse au niveau des secteurs « artisanat-semi-manufacture, manufacture et industrie ». Ce sont là aussi des valeurs de courage, car pour y arriver il faut oser arbitrer des intérêts variés en osant oser parier sur la primauté et

Davantage qu’un programme, Abdoul Mbaye a prése

Davantage qu’un programme, Abdoul Mbaye a présenté un projet de société pour le Sénégal à reconstruire Quand émerge un nouveau programme, le risque est grand qu’on fasse dire à quelqu’un ce qu’il n’a pas dit, qu’on omette ce qu’il a déjà dit comme ce fameux paradigme « des gens aptes à réaliser leurs rêves. » Pour certains, c’est aussi le temps d’enrichir leurs slogans ou de s’en approprier. Comment peut-on méconnaitre que la vision décrite par le président Abdoul Mbaye consacre une nouvelle action économique et un pari sur l’accroissement des capacités des sénégalais que les politiques publiques antérieures ont marginalisées et transformées en « petites gens » condamnées à subir, à approuver, à applaudir, à transhumer ? Du Top down, tous azimuts !

Pour l’ACT et son président, il s’agit de concrétiser des stratégies destinées à mobiliser les citoyens et à tirer profit de leurs talents : les groupements féminins, les entrepreneurs, les créateurs de richesses et de pensées, les artisans, les mécaniciens, les ferrailleurs, transporteurs, les tailleurs et spécialistes de la confection, les cordonniers et la maroquinerie, les artistes, les bijoutiers et orfèvres et les agriculteurs, les médiats, etc. L’impératif majeur n’est-il pas alors de leur permettre de réaliser leurs rêves, « leurs propres plans » ? Indubitablement, c’est le sens de ces credo de l’ACT et des options clairement exprimées lors du discours-programme:

  • « L’argent du Sénégal dans les collectivités locales, les terroirs et les banlieues, au profit des populations à la base », de Dakar vers l’intérieur.
  • Une nouvelle vision de la décentralisation à la fois de nature institutionnelle et économique avec les pôles-régions, une Casamance réincarnation l’idéal d’une vraie décentralisation, la connexion du sénégal par le rail, etc.
  • La primauté de la stratégie de substitution aux importations comme réponse à donner à notre première priorité que représente l’éradication de la faim et le recul rapide de l’extrême pauvreté, et comme levier de développement de la semi-manufacture et des manufactures.
  • Le patriotisme économique avec les crédos « Le Sénégalais d’abord », « la défense du sénégal basée sur le respect des intérêts réciproques en matière d’accord de pêche, de ressources naturelles, le rôle incontournable du secteur privé sénégalais, etc….
  • C’est donc un peu trop simpliste de qualifier le programme de l’ACT de relent du Capitalisme ou du Socialisme d’Etat selon que c’est le pilotage par l’Etat ou par les forces du marché qui prévaut. Souhaitons que plusieurs sénégalais « décomplexés » aient dépassé ces idéologies pour ne point s’y enliser. Existe-t-il vraiment un modèle universel ? Adapter, non adopter est le meilleur credo.

De par son histoire, l’Amérique a choisi d’honorer les forces du marché et de l’innovation, les penseurs et les créateurs de ruptures entrepreneuriales, technologiques ou autres. Elle est née libérale avec des pères fondateurs patriotiques, intensément visionnaires qui se sont méfié d’un exécutif trop fort, capable d’imposer unilatéralement sa volonté aux citoyens, au parlement et aux juges, jaloux de leur liberté, de la démocratie, de l’indépendance du peuple souverain, conscients qu’il leur faut laisser un héritage. Elle est entrepreneuriale, a produit la Silicon Valley, le capital-risque, les centres d’incubation, des universités qui pensent, recherchent et trouvent et qui contribuent à la création de la richesse et du futur, toutes choses que plusieurs entrepreneurs et pays du monde s’efforcent de copier. On pourrait peut-être reprocher à ce pays tant de choses : reconnaissons qu’elle est encore une très grande puissance et un grand leader économique et technologique. Dr. Sarr qui, semb

jeudi 1 novembre 2018

Mieux comprendre les Réformes et le Programme de

 

 

 

 

Le projet de société que promeut le discours du Président Abdoul Mbaye prononcé à l’occasion du congrès du 30/09/2018 de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) apparaît comme celui d’une démocratie sociale, combattant l’exclusion, où le citoyen est placé au cœur des politiques et actions publiques, est présent dans la gestion courante des affaires publiques dans le cadre d’une décentralisation repensée pour devenir réelle, et s’approprie les leviers économiques pour s’assurer un bien-être social, avec comme postulat de base le travail récompensé selon l’effort fourni. Vient ensuite le principe de solidarité indissociable de la notion de citoyenneté par lequel « ceux qui peuvent » aident d’autres concitoyens. Ce sera le rôle du service civique d’y préparer le plus tôt possible. C’est la responsabilité de l’Etat de l’organiser par l’égalisation des chances par les études et la formation, par la santé et la disponibilité des services de base essentiels. Cette vision recentre l’institution dans son rôle d’arbitre et garant des sécurités et des équilibres sociaux…oui à la reconnaissance de la solidarité nationale pour les couches vulnérables et défavorisées , oui à une politique redistributive des fruits de la croissance, par l’accélération et l’augmentation des politiques scolaires et de formations universitaires et post-universitaires, oui à une santé pour tous, oui à toute politique de lutte contre la faim mais aussi de toute autre forme d’insécurité physique et psychique des personnes. Pour y arriver il est impératif de reconnaître l’existence d’une base économique locale et de rechercher sa mutation par la modernisation de ses process et de ses modèles de financement. La modernisation suppose recherche systématique de valeur ajoutée locale, de préférences accordées par la commande publique aux productions locales organisées. L’option est aussi de substituer la logique de grands travaux à haute intensité de main d’œuvre à celle de grands projets, souvent éléphants blancs.

http://act-senegal.com/?p=3806

vendredi 26 octobre 2018

Vous pouvez télécharger ici le discours programm

 

Ce discours-programme prononcée le 30 septembre 2018 à l’occasion du congrès extraordinaire de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail se réfère à des valeurs et aux crédos suivants:

  • Faire la politique et gouverner autrement en privilégiant l’intérêt du Sénégal et des sénégalais avec comme principes : « Les sénégal et les sénégalais d’abord » et dans cette perspective, « L’argent du Sénégal dans les collectivités locales, les terroirs et les banlieues, au profit des populations à la base » ;
  •  réparer notre démocratie abîmée et malmenée pour la rendre durable, irréversible et en amélioration continue en impulsant  une vaste réforme institutionnelle, de l’Etat et de l’administration;
  • Le développement à la base et la mise en branle du secteur privé national au cœur d’une stratégie du développement non plus fondée sur les seuls investissements publics au travers de « grands projets »,
  •  Un pari sur la contribution du secteur privé national, des artisans, entrepreneurs et sur la primauté du partenariat public-privé…

Ce discours-programme consacre ainsi de nombreuses stratégies et politiques de réformes, notamment :

  • L’importance accordée aux valeurs de l’engagement citoyen, du respect de la parole donnée, des quatre (4) amours de la patrie, des lois, du travail et de ses semblables ;
  • le rejet de l’enrichissement indu et rapide et une grande réforme du contrôle d’état aux moyens et pouvoirs accrus ;
  • Les quatre (4) priorités que sont l’éradication de la faim, la lutte contre la pauvreté et l’extrême pauvreté,
  • La transition vers la semi-manufacture, la manufacture et l’industrie par le repositionnement et l’implication des artisans, des travailleurs et métiers du fer, de l’orfèvrerie, du cuir, du bois comme les menuisiers, les bijoutiers, la cordonnerie, les gens de la confection ;
  • Les options en matière agricole, d’élevage, de pêche artisanale avec les priorités que sont la lutte contre le pillage de nos eaux, le contrôle des licences de pêche, l’amélioration de la plus-value par la transformation des produits de pêche ;
  • La réforme foncière, le reboisement et le recensement exhaustif des espèces; 
  • Le renforcement des capacités des femmes, des jeunes et groupements de femmes en matière de production céréalières en dépolitisant les financements aux groupements et aux jeunes. 

Chaque volet précité sera présenté, thème par thème, enjeu par enjeu, car il y a tant d’autres choses encore dans ce discours-programme si riche et variée. Discours programme de Abdoul Mbaye Président du Parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT)

dimanche 19 août 2018

Entrepreneurship is a marathon



Extraits "Être capable de trouver ces opportunités prouve un véritable esprit d’entreprise. La prochaine chose que vous pouvez faire en tant qu’entrepreneur est d’investir sur vous-même, dans votre équipe et dans ceux qui croient en vous et en ceux qui croient en vous. Et vous devez avoir un bon produit avec la longévité parce que l'entrepreneuriat est un marathon, pas un sprint. Nous avons un dicton en espagnol qui se traduit par "étapes courtes, vision longue".

lundi 6 août 2018

L’Administration Publique, le Multipartisme et la démocratie en Afrique face aux enjeux du 21e siècle (Deuxième partie)


Communication du Directeur général de l’ENAM, Abdou Karim GUEYE, à la réunion des Directeurs d’ENA tenue à TANGER (Royaume Chérifien)

Cet article a été présenté lors la réunion citée ci-dessus dans les années 90 au Maroc (Tanger), il y a donc près de trente ans. En le relisant, je trouve étonnant la pertinence des conclusions avec la situation politique d’aujourd’hui qui prévaut au Sénégal et dans pays africains. A cause de sa longueur (9 pages), nous publions une première partie cette semaine et le reste du texte la semaine prochaine sur différents blogs.

A vous de découvrir ces nombreuses prémonitions.

J’ai lu récemment la citation suivante : « Les princes, dans leur félicité, me paraissent fort à plaindre d’être privés d’entendre la vérité et forcés d’écouter les flatteurs, non des amis » Erasme.
B/ Les limites de la démocratie politique
La tendance qui s’affirme déjà en Afrique est le risque de l’effervescence électorale. Ses modalités devraient être cernées et intégrées dans toute stratégie politique tendant à asseoir la démocratie politique et économique.

1°/ Un risque : La fascination des stratégies

a) Les pièges des stratégies électorales : Le sous-développement de l’Afrique finit par éroder les illusions d’une sortie de la crise. Aussi, l’Afrique ne doit pas avoir pour seule ambition l’affinement des stratégies électorales. Elle doit, en effet, être consciente des risques et des enjeux ultimes : être parmi les quatre ou cinq grands cœurs du monde futur qui vont émerger. Elle doit, pour y arriver, déjouer les pièges de l’effervescence sociale qui frappe à ses portes.

b) Les pièges de l’effervescence sociale : La révolution industrielle et le processus de démocratisation, en Europe, ont eu lieu, concomitamment, dans un environnement urbanisé qui a désagrégé les liens communautaires. Par contre, en Afrique, le multipartisme qui a engendré une cohorte de micro-partis s’appuie sur les valeurs tenaces de la parenté, du tribalisme et des clans, dans un environnement, en majeur partie, rural. A l’aube de la démocratie en Afrique, et de son corollaire le multipartisme, la fascination des citoyens pour les stratégies électorales qui s’affirment, comporte, à moyen terme, des risques de désenchantement. L’enjeu primordial est ailleurs : une culture qui pousse la majorité des citoyens à s’exprimer. A défaut, les africains découvriront vite « qu’Athènes s’accommodait de l’esclavage » et que le multipartisme comme finalité, peut créer des citoyens en marge de la véritable démocratie. Dès lors, les stratégies électorales doivent comporter des stratégies de renforcement du civisme, lesquelles sont inefficaces, lorsqu’elles ne sont mises en œuvre qu’à la veille des scrutins. A défaut, il ne reste alors comme solution que l’effervescence sociale.

2°/ L’ordre mondial face à la démocratie : Les deux dernières décennies ont eu pour caractéristiques essentielles, dans les pays du Nord, des mutations qui ont entraîné une société internationale entrepreneuriale faite d’espaces de liberté, dans les domaines économique, culturel et social. Dans l’ordre mondial futur, l’Excellence aura ainsi pour base une capacité accrue de la marge de manœuvre des citoyens. Les deux piliers, l’un d’ordre politique et l’autre, d’ordre économique, vont évoluer vers la société de créativité et d’innovation, enjeux dont l’Afrique devrait être consciente.

a) Vers un ordre politique mondial : La sphère de l’excellence, avec la fin de la guerre froide, se déplace vers celle de l’économie et la capacité managerielle d’une Nation. Dès lors, s’affirme le nouveau pilier qui est d’ordre économique.

b) Le pilier d’ordre économique mondial : L’examen des évolutions technologiques, les nouvelles formes de gouvernance permettent d’établir que le référentiel géostratégique mondial, avec la fin de la guerre froide, se déplace vers l’économie et la capacité managerielle d’une nation. Les nouveaux piliers de l’ordre économique mondial s’affirment. Le multipartisme n’est plus une finalité, mais un moyen. La véritable démocratie repose ainsi sur une mutation culturelle qui suppose, comme celle de 1789, l’abolition des certitudes et des privilèges. Celle-ci, ramenée à l’Afrique, est plus complexe, du fait de la mondialisation de l’économie qui veut marginaliser l’Afrique. L’autre versant devient la démocratie économique, l’envers et le revers de la démocratie politique. Il n’y a pas de démocratie politique viable, sans une consolidation de la démocratie économique. Les administrations publiques africaines doivent s’y atteler.

II/ L’autre versant : Le renforcement de la démocratie économique

A/ La démocratie, outil de structuration économique

1°/ Restructuration, créativité et innovation : Le système démocratique doit être étendu à l’économique, pour être le levier de la créativité et de la flexibilité. Il s’agit ainsi d’apprendre aux pays africains l’art de se défendre contre un ordre froid. Les stratégies électorales doivent alors encourager un système où l’on est réélu ou évincé du pouvoir, en fonction des résultats économiques, sans état d’âme et sans esprit « revanchard ».

2°/ Vers une Afrique, un des cœurs du monde : Edem Kodjo nous a déjà rappelé que le monde contemporain aboutit à un 21e siècle où « l’indicateur de puissance est la productivité, les flux financiers et monétaires et l’organisation scientifique et technique. L’Afrique doit « se préparer à jouer un rôle au sein de ces équations planétaires ». Mais, il faudra promouvoir un contexte démocratique apte à favoriser les attitudes culturelles qui permettent de relever les défis, de combler des manques et de gérer les changements, de façon dynamique, car « il n’ya pas de richesse sans créativité, ni de créativité sans richesse ». (cf. Jacques Attali — Lignes d’horizon — Collection Fayard). Mais, faudrait-il encore une gestion macro-sociale efficace.

B/ Vers une gestion macro-sociétale rénovée

L’économiste Thomas Verblen écrivait que « ce qui est essentiel en économie, ce n’est pas le système de prix, mais l’échelle de valeurs de la société où s’enracine l’économie ». Une telle assertion pourrait fort bien être valable pour la gestion publique, au moment om l’environnement international impose de nouvelles attitudes… il faut une gestion publique rénovée.

1°/ La gestion publique rénovée : Le crédo de la rénovation pourrait être la subsidiarité, l’entrepreneuriat, la technologie et les nouvelles formes de gouvernance. Il faudra alors réinventer bien des pratiques de l’administration publique.

a) Un nouveau crédo : La subsidiarité : La doctrine chrétienne, depuis longtemps, nous a légué le principe de la subsidiarité qui veut qu’une institution de rang supérieur ne puisse se substituer à une autre de rang inférieur…. Au niveau de la gestion publique, un tel principe induit des objectifs de gestion tels que l’accroissement de la flexibilité et le passage d’une administration de procédures à une administration de mission. Une telle option, à n’en pas douter, est ainsi une mesure de renforcement de la démocratie et elle doit conduire à privilégier l’action créatrice. L’Administration publique contemporain n’a d’autre choix que devenir entrepreneuriale.

b) Une administration publique entrepreneuriale : Dans un contexte de multipartisme, il est nécessaire de passer de la bureaucratie à une administration publique entrepreneuriale. En conséquence, l’Administration publique doit être à l’abri des contingences politiques et des dysfonctionnements qui en résultent. Mais, seule une culture organisationnelle de performance, qui exclut l’immixtion de la politique dans la définition et l’exécution des politiques publiques (par exemple, en matière de nomination) peut aboutir, à moyen terme, à des résultats viables. N’est-il pas alors temps de reconnaître que le contexte jacobin de nos administrations publiques induit le centralisme tout en paralysant l’émergence de marges de manœuvre au niveau des collectivités locales et des individus ? Construire, dans un tel contexte, un projet social mobilisateur devient alors une gageure. Pourtant, la condition majeure de la croissance et du développement est à ce prix pour convaincre les résistances, l’outil le plus efficient, voire le plus efficace, est la création d’un projet social mobilisateur.

c) Une administration publique, vecteur d’un projet social : Un projet social mobilisateur, en Afrique, qui crée les conditions d’une réaction plus créatrice par rapport aux autres nations, est nécessaire, pour assurer une modification de l’ordre économique… La démocratie rénovée, à l’aube du 21e siècle, suppose que les usagers, les citoyens et les contribuables soient reconnus comme étant les véritables « propriétaires » de la chose publique. En outre, un droit à la performance et la participation au niveau des institutions publiques, doit leur être octroyé. Au total, dans un contexte de multipartisme, la gestion de l’administration publique doit accroître le rôle du citoyen et encourager l’émergence d’une opinion publique, comme contrepoids à l’inefficacité et l’inefficience… Il devient, alors, possible de libérer les élus de la tutelle excessive et de les soumettre à la sanction des électeurs. Mais, dans un tel contexte, l’Administration publique devra assurer les besoins en formation dans les domaines de la stratégie, tout en jouant un rôle de régulation. Mais, à côté de la gestion publique subsiste la gestion marchande et entre les deux doivent exister une synergie et la solidarité.

2°/ Une gestion du secteur marchand rénovée

a) Le développement de la concurrence : La démocratie suppose une certaine égalité d’accès à la vie économique. Or, les monopoles économiques confèrent des avantages injustifiés, au détriment des citoyens. A contrario, la concurrence est le plus sûr moyen de promouvoir les innovations, l’excellence et la méritocratie. Le rôle l’Etat, instance de régulation des intérêts, est alors l’arbitrage et la négociation et non de prendre parti. A cet effet, il doit créer, par une réglementation appropriée, un nouveau droit de la concurrence destiné à mettre fin à certains monopoles, pour accroître l’efficacité et induire la baisse des coûts, prouvant ainsi aux citoyens que la démocratie économique se traduit par un impact sur leur niveau de vie.
Au total, une telle option est possible, tant dans le secteur public qu’au niveau de l’économie marchande, à condition que la société civile ait le droit d’utiliser son imagination créatrice pour produire, vendre et innover.

b) Libéralisation des secteurs monopolistiques : Il est étrange que l’on privilégie, actuellement, la privatisation sans pour autant prôner la libéralisation des secteurs monopolistiques. Une telle approche est tout au plus un moyen de transférer un monopole public vers un monopole privé. Par ailleurs, il est évident, qu’à long terme, la libéralisation des secteurs de l’électricité, du téléphone, etc. se fera, sous l’effet l’évolution technologique (apparition du téléphone cellulaire, etc.), rendant désuète toute stratégie monopolistique. L’Administration publique doit, d’ores et déjà, préparer la démocratie économique et son corollaire, la libéralisation des secteurs monopolistiques, pour apprendre aux africains à se défendre, sur les futurs champs de la concurrence économique entre les nations…

L’auteur : Abdou Karim GUEYE, Inspecteur général d’Etat à la retraite, ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature. Il est le conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal.

Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ?
Prochains articles :
_ Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore.
_ L’éthique dans tous ces états.
_ Politiciens et hommes d’Etat. A vous de choisir !
_ Droit de réponse — Obligation de réserve, nouvelle gouvernance et éthique du chaos !
_ D’autres encore.

samedi 2 juin 2018

Série – Le leadership qu’il vous faut Première partie - Ecouter, s’écouter, savoir partir à temps !

La politique aurait dû incarner une certainehauteur de pensée et d'action. Nous invitons au changement, à la transformation politique, à la nouvelle gouvernance

Il n’est pas facile de proposer un modèle de leadership politique efficace en étudiant l’histoire des nations. Ces leaders qui ont marqué l’histoire sont si différents : Hitler, Mussolini, Mahathir, Mandela, Lee Ku YEW, etc. En outre, les termes « leadership ou leaders » peuvent revêtir des sens contradictoires. Par exemple, la doctrine oppose ou confronte différents styles de leadership dictatorial, dictatorial bienveillant, participatif, consultatif, transactionnel, transformationnel, exponentiel, mixtes, etc. Par ailleurs, ces styles peuvent refléter les préférences individuelles ou la culture dominante d’une société. Néanmoins, quelques caractéristiques retiennent notre attention: la capacité de proximité et d’écoute, cesser de se parler à soi-même et de se contempler, de bien s’entourer, savoir quitter et partir à temps, le courage à payer le prix qu’il faut par des sacrifices et la volonté de laisser un grand héritage. 

 Le dilemme de la gouvernance de proximité : s’écouter et se parler à soi-même

Une caractéristique commune aux grands leaders transformationnels est la forte envie de vouloir conduire les gens vers une destination, d’un point A à un autre point B. Ceci comporte aussi bien des avantages que des contraintes. Le leader dont nous parlons doit être capable d’assumer la solitude du pouvoir, de s’imposer des sacrifices au plan personnel, de sa fortune, de ses amitiés, de sa vie familiale, etc. En outre, il doit être capable de promouvoir des valeurs d’exemplarité, oser persuader les gens à intérioriser des sacrifices, les convaincre qu’à terme maintenir le statu quo actuel ne leur est pas profitable et est même dangereux. Il a cet impérieux devoir de déclencher une nouvelle connaissance et prise de conscience. Le courage et la franchise deviennent alors une qualité essentielle. Reste à savoir si les gens qui se lancent en politique le font pour les raisons que nous venons d’évoquer. 

 Il y a aussi cette erreur d’assimilation entre leadership, le titre et le poste : le leader n’est pas le titre, ni le poste. Il y a aussi ceux qui disent aux autres ALLEZ-Y alors que le véritable message du leader transformationnel est : ALLONS-Y, Oui, nous pouvons, etc. C’est, qu’en fait, être détenteur d’un poste ou d’un titre de président de la république, de ministre, PDG ou autres, fussent-ils « prestigieux », ne suffit pas à qualifier quelqu’un de leader transformationnel. C’est vrai : il y a le mythe du leader qui aurait réussi seul par son propre talent ; mais on ne réussit pas seul les très grandes œuvres de transformation. Et cela, nous le disons dans nos cours de coaching : « Un est un tout petit nombre pour atteindre la grandeur ». On y arrive avec une équipe et des talents triés, des visions partagées, l’adhésion à un projet, des institutions fortes, le courage de se séparer des saboteurs et de faire face aux détenteurs de rentes, d’optimiser les ressources, etc. Tant et si bien qu’on a pu dire que la compétence du dirigeant est la moyenne des compétences des gens qui l’entourent. La hantise de la réélection et l’incapacité à construire un cercle rapproché facilitant des alliances stratégiques pour le vrai changement, non pour les sinécures, les transhumants et les débauchages, constituent une dimension du leadership politique non transformationnel. 

Dès lors, le leader transformationnel est confronté aux dilemmes suivants : Qui écouter ? A qui parler ? A soi-même ? A son entourage ? Au peuple et aux électeurs ? Regardez ces gens qui demandent vos voix! Réfléchissez-y deux fois avant de voter : lorsque le dilemme entre MOI, JE, VOUS, LES AUTRES est un sérieux problème pour le candidat, pourquoi prendriez-vous le risque de faire confiance à un tel leadership ? Des messages ciblés qui mobilisent, apportent de la valeur et de la différence, ainsi que la volonté de s’entourer de collaborateurs loyaux, compétents et indépendants qui conseillent sincèrement et sans craintes, sont tout aussi importants. Si vous avez été un grand responsable dans la vie, vous avez surement appris une leçon : une erreur de recrutement se paie cher, peut paralyser tout un changement de sorte que le Professeur Edward HESS de Darden University en arrive à conseiller : « recrutez lentement, licenciez rapidement ». Par de tels choix, le leader développe ses propres capacités d’écoute et d’attention soutenue et peut ainsi éviter des erreurs et des conflits inutiles et coûteux. Pourtant, dans notre contexte, trop d’hommes « politiques » font le contraire. On constate des articles ou des débats politiques télévisés qui sont des bavardages violents et désordonnés et qui finissent par lasser tant il s’agit de « politiciens » qui se parlent à eux-mêmes et entre eux, au lieu de regarder l’écran et de parler à l’audience en face : les citoyens, les contribuables, les créateurs de richesses, les électeurs, etc. Peut-être s’agit-il aussi là de ruses de gens qui n’ont rien de consistant à proposer, d’un gaspillage de ressources et d’énergie, d’un moment où les gens préfèrent surfer sur autre chose, car il n’y a aucune incitation à regarder ou écouter de tels soliloques. 

En arriver, à force de s’écouter ou d’écouter un entourage courtisan, à croire à ses propres « propagandes » et à les intérioriser comme des réalités tangibles que l’on est le seul à sentir ou à voir, est une forme de folie qui un jour peut mener à un surprenant désastre. Le mot est lâché : derrière ; il y a cette option de propagande comme levier de conservation du pouvoir. Mais pourquoi l’opposition passerait-elle l’essentiel de son temps à disserter sur le programme de l’autre pour tomber dans ce piège des querelles manquant à un devoir et une stratégie essentielle qui est de suffisamment expliquer aux électeurs son propre programme alternatif ? La stratégie de propagande utilisée ne vise ni plus ni moins qu’à isoler et détourner l’attention. Pour parler comme Chomsky, elle vise à distraire des vrais enjeux pour empêcher qu’on en discute et à brouiller les pistes . En arriver aussi à exclure toute perspective de contrepouvoirs ou de points de vue différents conduit au même résultat, à l’inverse de ce qui se passait dans la Rome antique avec ces esclaves qui avaient le privilège de glisser aux oreilles de l’empereur ce rappel « Souviens-toi, tu n’es qu’un homme » . Cela rappelle aussi cet adage de notre belle culture parfois négligée : « SA GUEMIGN XASAW NA SA DOMOU NDEYE MO LO KO WAX ». Allez-le leur dire à certains qui oublient que la démocratie, c’est aussi le débat sain, la différence et vous aurez peut-être bien des ennuis, étrangement des insultes. 

Deuxième partie – Savoir quitter et se préparer à partir à temps. 

C’est difficile de partir, pour nous tous, de se séparer des bébés auxquels on a donné naissance, de renoncer aux rêves inachevés de notre propre vie que seuls d’autres héritiers parachèveront, que la fatigue, les obstacles et les contraintes vécues, les saboteurs du changement auront empêché de concrétiser, etc. Les causes ne manquent pas… On a déjà vu des leaders ne partir que le jour même de la grande défaire, sous la pression de leur inévitable fuite, de la rue surexcitée, d’une foule vociférant, de manifestants décidés et de corps ayant jonchant les rues quelques jours avant. Ce n’est pas l’idéal, ni pour ce leader qui fuit ainsi, ni pour les héritiers d’une démocratie brusquement tronquée. Les printemps de révolte n’ont pas toujours tenu les promesses du bien-être, ni d’une nouvelle et meilleure démocratie confinée aux questions électorales et politiques, excluant l’économique, le social, une gouvernance qualitative digne de ce nom. On serait tenté de penser que Socrate a raison : les grands leaders auraient dû être les plus sages d’entre nous. Cependant, quand on regarde l’histoire humaine et singulièrement celle du continent, cela s’avère comme un rêve impossible. Etre un leader transformationnel qui crée d’autres leaders capables de les remplacer, combien en avez-vous connu ? Un enjeu, c’est alors de disposer de leaders capables d’échapper aux lambris dorés du pouvoir, aux pièges des routines, d’anticiper le sens de l’histoire. Ceux-là sont fiers de se faire eux-mêmes, par leur propre effort et génie, et non d’être faits par la politique politicienne. Ces grands leaders transformationnels sont capables de baliser de nouveaux chemins, de se pénétrer des contours du futur, loin du brouhaha de la grande foule, de s’ajuster à temps par une sorte d’intuition « quasi-divine » à l’instar de cette fameuse formule « La prière, c’est quand l’homme parle à Dieu, mais l’intuition, c’est quand Dieu parle aux hommes ». Il est ainsi difficile à ces gens, prisonniers des arcanes du pouvoir, d’échapper aux pièges qui déforment le dirigeant et son entourage face à leurs courtisans et transhumants qui réussissent à les persuader d’une sorte d’invincibilité et d’immortalité. Cet entourage si peu talentueux pour de telles grandes œuvres réussit alors à vous faire oublier que l’histoire regorge de dirigeants chassés du pouvoir par les votes, par les révoltes populaires, les coups d’état, la guerre tribale parfois longue et fratricide, etc. Ne soyez pas étonnés qu’avec de telles mentalités de futurs « WAX WAHET » perdurent à l’horizon. Et là, la sagesse devient un impératif rare parmi ces modèles de politiciens que vous avez toujours connus et élus. Au fond, derrière ces questions, il y a l’enjeu de l’humilité et de la claire compréhension de ses avantages, et plus fondamentalement de la sagesse qui semble n’être pas la chose la mieux partagée du monde. Il y a aussi ces deux fameuses lois de l’héritage et du sacrifice que John Maxwell considèrent comme des traits distinctifs des grands leaders transformationnels. Nous y reviendrons. 

L’auteur : Conseiller en Gouvernance publique du Président Abdou MBAYE et membre du Conseil National du parti Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, Abdou Karim GUEYE a été Inspecteur général d’Etat pendant près de trente ans et ancien Directeur général de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature du Sénégal. Assistant technique international auprès du gouvernement de la République de Djibouti, de 2003 à 2008, il a appuyé ce pays à mettre en place une Inspection générale d’Etat et a également exercé les fonctions de Secrétaire exécutif du Forum des Inspections générales d’Etat d’Afrique et institutions assimilées. 

 Article déjà paru sur ce blog : Résister, changer et transformer la politique : pourquoi ? 

Prochains articles : 
De la vertu publique et morale en politique. 
Choisir le bon leadership politique et bien d’autres encore. 
L’éthique dans tous ces états. 
 D’autres encore.

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